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La cathédrale de notre ville porte le nom
de cathédrale Sainte-Croix. C'est un monument gothique dont la construction s'est
étalée sur plus de cinq siècles entre le 11 septembre 1287 où l'évêque Egidius
Pastay (Gilles Pasté) posa la première pierre de l'édifice actuel et le 8 mai 1829 jour
de son inauguration.
Elle est le résultat
de toute une série de constructions et de reconstructions qui se sont en fait prolongées jusqu'à notre siècle et
elle garde dans sa mémoire les traces des grands moments de l'histoire de France.
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Lorsque l'on visite la crypte de la
cathédrale d'Orléans, on peut admirer un sous-sol archéologique riche qui nous révèle
qu'avant la cathédrale actuelle, trois autres édifices religieux ont existé à cet
emplacement :
- Il y eut d'abord une basilique gallo-romaine rectangulaire à 3
nefs construite à la fin du IVème siècle par l'évêque Saint Euverte et
dans laquelle Saint Aignan, son successeur, se serait enfermé durant le siège d'Orléans
par les Huns en 450, avant de repousser Attila en 451.
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- Il y eut ensuite une cathédrale carolingienne vers la fin du VIIème
siècle. Il n'en reste plus que trois fragments d'une mosaïque de sol qui était entourée d'une inscription. Malheureusement,
comme il ne reste pas assez d'indices, les historiens n'ont pas pu retrouver ce qui était
écrit. En revanche, on sait que c'est ici que le fils de Hugues Capet, Robert le Pieux,
fut baptisé en 950 et peut-être même sacré roi en 987.
La cathédrale carolingienne fut détruite en 989 par les Normands dans l'incendie qui
ravagea toute la ville.
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- Il y eut enfin une
cathédrale capétienne, de style roman. Dans la crypte, il en reste beaucoup de traces (gros
piliers, tombeau, sépultures, sarcophage de pierre, des restes du maître autel et divers
" débris " intéressants
) et cela a
permis d'en refaire le plan.
Construite sous Hugues Capet et Robert le Pieux à la fin du Xème. siècle et
au début du XIème siècle, Philippe 1er lui ajouta un chur
roman en 1087 et un déambulatoire. Cette cathédrale avait 5 nefs et 5 chapelles
absidales. Elle était digne des grandes églises de pèlerinage de l'époque. Elle connut
des évêques importants comme Robert de Courtenay (1258-1279) et vit le sacre du roi
Louis VI le gros.
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Seulement, au début du XIIIème
siècle, il y eut des mouvements de terrain et la cathédrale capétienne se fissura puis
se disloqua et s'éboula en partie dès 1223.
La construction de la cathédrale actuelle commença donc au XIIIème siècle
le 11 septembre 1287 par la chapelle terminale de l'abside, les chapelles latérales, la
sacristie et le vaisseau principal du chur. Peu à peu, l'ancienne église romane allait être remplacée par l'église
Sainte-Croix.
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La guerre de Cent ans vint interrompre les
travaux mais la guerre terminée, on bâtit alors la croisée du transept et on éleva en
1511 un gros clocher recouvert de plomb avec une croix sur une grosse boule dorée.
Les travaux continuèrent vers la nef romane qui fut remplacée par quatre travées de
style flamboyant qui rejoignaient la vieille façade romane provisoirement conservée.
Toutefois, les travaux furent de nouveau
interrompus au XVIème siècle par les guerres de religion pendant lesquelles
une grande partie de l'ensemble flamboyant fut détruite par les Huguenots (les
protestants) en 1568.
Quand les catholiques purent reprendre possession de leur église, les voûtes du
chur et de la nef s'étaient écroulées. Il ne restait que les parties romanes, les
11 chapelles rayonnantes de l'abside, les mûrs latéraux et deux travées.
Malgré quelques dons, il n'y eut pas de quoi entreprendre de véritable
restauration durant le XVIème siècle.
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Sur ce vitrail de 1864, signé
Lebun, on voit le maire Colas des Francs qui présente à l'évêque Mathurin de la
Saussaye le plan de la chapelle qu'il veut reconstruire à ses frais
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La reconstruction de la cathédrale
Sainte-Croix fut obtenue par les Orléanais auprès du roi Henri IV qui prit les
dispositions pour assurer le financement des travaux ce qui lui permettait aussi de donner
une preuve de la sincérité de sa conversion dont certains doutaient un peu après l'Édit de Nantes.
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Henri IV fit contribuer la France entière
à la reconstruction de Sainte-Croix et obtint du pape Clément VIII un jubilé dans la
ville d'Orléans afin que les pèlerins du monde entier aident de leurs aumônes à la
réparation de l'église. Ce jubilé attira une foule immense et plus de 10 000 messes
furent données entre le 18 novembre 1600 et le 6 mai 1601. Le roi et la reine vinrent le
18 avril 1601 poser la première pierre de la réédification à la base d'un pilier de la
nef.
Il fut décidé de refaire une cathédrale qui ressemblerait le plus possible à
l'ancienne en gardant tout ce qui restait après le désastre de 1568.
Au début du XVIIème on refit la nef, le chur puis la croisée du
transept, la façade du croisillon nord que Louis XIII et Richelieu vinrent examiner en
1637, la façade du croisillon sud (achevée en 1679), les voûtes, les arcs-boutants du
transept que l'on raccorda avec la nef.
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En 1688, Louis XIV voulut " pour
marquer le triomphe de la vraie foi ", qu'il y ait un grand jubé de pierre dans
l'église Sainte-Croix.
Puis au début du XVIIIème siècle, pour répondre aux exigences du roi soleil
de " voir cette église dans sa dernière perfection ", on installa
dans le chur de la cathédrale un ensemble de stalles et de boiseries.
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Louis XIV qui suivait personnellement les
travaux de Sainte-Croix, voulait qu'elle soit allongée de deux nefs et qu'elle se termine
à l'ouest par une façade grandiose. Il fit dresser des plans qui devaient être
" conformes à l'ordre gothique ".
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La vieille façade romane fut démolie et
sous LouisXV, les travaux pour la construction du narthex puis des tours commencèrent en
1739 et se poursuivirent jusqu'à la fin du XVIIIème.
Mais avec les événements liés à la Révolution française, le jubé fut abattu afin
que tous les fidèles puissent voir les cérémonies du culte ; le trône épiscopal
fut démonté ainsi que les stalles et leurs lambris (qui ne seront remis dans le
chur qu'en 1938). En automne 1792, on saccagea les emblèmes de la féodalité
(fleurs de lys, écussons et attributs royaux des façades latérales
). Puis en
automne 1793, la cathédrale fut pillée après que le culte catholique eut été interdit
et le chantier fut arrêté.
Les travaux ne reprirent que plus de 20 ans après, au XIXème siècle, en
1816 : on refit le haut des tours, on termina les deux travées occidentales de la
nef, on voûta le narthex que l'on ferma de grilles et de portes.
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A partir de 1820, on se tourna vers
l'aménagement intérieur.
On installa une chaire
puis en 1821 on apporta le grand orgue qui se trouvait dans la basilique de
Saint-Benoît-sur-Loire.
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Ce n'est qu'en 1829, plus de deux siècles
après le désastre des guerres de religion, que l'on considéra Sainte Croix achevée et
que pour la première fois, la procession traditionnelle du 8 mai sortit par le grand
portail de la cathédrale.
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En 1926, le cardinal Touchet (qui continua
l'action de Mgr Félix Dupanloup qui voulait faire reconnaître que Jeanne d'Arc était
une véritable sainte) après avoir obtenu que Jeanne soit béatifiée (en 1908) puis
canonisée (en 1919) lui consacra une chapelle. On peut voir aujourd'hui dans cette
chapelle le tombeau du
Cardinal Touchet et une statue le représentant agenouillé et tourné vers la statue de
la Pucelle d'Orléans (ces deux statues ont été réalisées par le sculpteur
Vermare).
Durant notre siècle, la cathédrale a continué de connaître des changements avec la
transformation du chur dans les années 1937-1938 par exemple ou encore la
restauration des tours après qu'elles aient été endommagées par les bombardements de
1944 durant la seconde Guerre Mondiale.
La flèche recouverte de cuivre s'oxyde avec le temps et il est impératif de la restaurer
pour des raisons de sécurité tous les siècles. Cela a été fait à la fin des années
soixante début des années soixante-dix. Ce sera a refaire vers 2070.
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La cathédrale est aujourd'hui encore en
restauration car sa pierre tendre s'use avec l'érosion et la pollution c'est pourquoi des
échafaudages masquent parfois la façade des tours.
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