ET SI ON VISITAIT...?

 

Dans un village de la région du Cher, Alex travaille sur le livre d'Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes. Cherchant des renseignements sur cet auteur, il se lève et va voir sa grand-mère...

Alex : Mamie, je ne comprends rien ! Tu peux m'aider, j'ai un exposé à faire sur le Grand Meaulnes. Tu l'as déjà lu ?

La grand-mère : Le Grand Meaulnes ? Ah oui ! Je connais bien, j'ai même connu la soeur d'Henry Alban Fournier. C'était une grande amie de ma mère.

Alex : Henry Alban-Fournier ? Tu veux sûrement dire Alain-Fournier ?

La grand-mère : Mais non, c'est un pseudonyme ! Si tu veux tout savoir, je veux bien t'en parler un peu...

Alex s'installe plus confortablement...

La grand-mère : Il est né le 3 octobre 1886 à la Chapelle d'Angillon. Cinq ans plus tard, ses parents, sa soeur et lui déménagèrent à Epineuil-le-Fleuriel. C'est un petit village vraiment charmant ! D'ailleurs, il n'est pas très loin d'ici ! Si tu veux, on pourra visiter l'école où a vécu Alain Fournier, mardi par exemple. Oh mais j'oubliais, c'est fermé le mardi ! Alors on ira mercredi. Eh, mais j'y pense, tu dois certainement le connaître sous le nom de Sainte-Agathe, le village de François Seurel dans le roman ! Ce village lui était très cher et même quand il dut partir faire ses études à Paris, il y revenait à chaques vacances.

Alex : Mais alors, c'est une autobiographie ?

La grand-mère : D'une certaine façon, sauf que les lieux ne portent pas les mêmes noms, et que ce n'est pas tout à fait sa vie... Enfin, tu verras bien mercredi...

Le mercredi suivant, à Epineuil-le-Fleuriel.

Alex : C'est pas mal comme village, mais bonjour l'ambiance !

La grand-mère : Tu vois toutes ces maisons, et bien elles sont dans le roman. Ici, par exemple, c'est la maison du notaire. Ah voilà notre fameuse école...

 

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Alex : Bah, elle n'est pas comme dans le roman, je croyais qu'elle était rouge !

La grand-mère : Oh, tu sais, ce doit être à cause des feuilles qui sont rouges en automne. Et la cour doit te paraître toute petite, mais comme c'est un souvenir d'enfance pour Henry, il a certainement dû exagérer un peu...

Alex prend quelques photos et va rejoindre sa grand-mère dans l'école.

Alex, étonné : Mais c'est vieux ici, il y a plein de poussière !

La grand-mère : Eh oui ! Avant c'était la mairie parce que l'instituteur était le secrétaire de mairie de la commune.

Ils entrent dans la classe.

La grand-mère : Ici, c'est la petite classe, c'est là qu'enseignait la mère d'Alain-Fournier, Millie dans le roman.

Alex : Ben dis donc, les bancs sont tout petits !

La grand-mère : Et en plus, on mourait de froid en hiver dans cette classe ! La température est même descendue jusqu'à -4 degrés !

Alex : Mais t'étais dans cette école, toi ?

La grand-mère : Mais non, c'était une école de garçons. Seulement, Isabelle y était à cause de son handicap et elle en parlait souvent. Passons à côté à présent.

En entrant, Alex s'étonne...

Alex : Elle est immense cette salle par raport à l'autre !

La grand-mère : Oui, c'est la classe des Grands. tu sais, là où enseigne Monsieur Seurel dans le livre, donc le père d'Henry dans la réalité.

Alex : Mais alors le Grand Meaulnes est vraiment venu ici ?

La grand-mère : Oui, le Grand Meaulnes, c'était Henry. En fait, l'auteur s'identifie à trois personnages : François Seurel, le Grand Meaulnes et Frantz de Galais, l'homme du château, qui d'ailleurs...

Alex : Oh stop ! Je suis déjà assez embrouillé comme ça !!

La grand-mère : Hum... Regarde, Henry était toujours assis là, près de la fenêtre, juste devant l'instituteur.

Alex regarde les moindres détails avec attention.

La grand-mère : On passe dans l'appartement ?

Quelques instants plus tard, dans la cuisine...

Alex : C'est tout petit ici et qu'est-ce que c'est sombre ! Oh ! Mais alors c'est dans ces escaliers que s'appuyait François pour regarder sa mère qui cuisinait !

    Ils continuent la visite, traversant la salle de séjour et s'attardant dans le salon rouge.

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La grand-mère : J'aime particulièrement cette pièce, elle est magnifique ! C'est là que Millie se cachait pour réparer ses chapeaux. Et ce piano, combien de fois Isabelle nous en a parlé ! Il paraît que sa mère jouait merveilleusement bien.

Alex : C'est vrai que cette pièce est très belle ! Et où donne cette porte ?

Il pointait du doigt la pièce d'à côté.

La grand-mère : Ca, c'était la chambre des parents d'Henry et d'Isabelle. Il ont même dormi à quatre dans cette pièce !

Alex pousse la porte, et, étonné :

Alex : Il ont dormi à quatre là dedans ? ! Eh ben, ça ne devait pas être la joie !

La grand-mère : Oh, tu sais, mais à l'époque, c'était pas le luxe question confort !!

Alex : Et où dormait Alain-Fournier ?

La grand-mère : Au début, il dormait dans un petit lit, ici, mais plus tard, ses parents l'installèrent dans le grenier. Viens, je vais te montrer..

Ils prennent une porte qui donne dans la cuisine et montent à l'étage...

Alex : Qu'est-ce qu'il fait froid !!

La grand-mère : Et encore, nous sommes en avril, imagine en hiver !!

Alex : Alors si je comprends bien, Henry dormait tout seul ici ?

La grand-mère : Oui, d'ailleurs je n'aurais pas aimé être à sa place, car sa soeur, qui dormait en bas, entendait las rats qui grattaient dans les greniers, et moi, tu me connais, j'en ai une peur bleue !!

Alex : Ah, ça c'est sûr !

La grand-mère : Et ce bâton, il servait à Henry lorsque ça n'allait pas.

Alex : C'est sûr qu'ici ce n'est pas rassurant comme endroit !

La grand-mère : Eh bien voilà, je crois qu'on a fait le tour, maintenant tu sais tout sur ton fameux roman !