IV°/ La géométrie non euclidienne

Parmi les postulats d’Euclide, celui qui concerne les droites parallèles a toujours été le plus problématique. Jusqu’au début du XVIIIème siècle, il y eut beaucoup de tentatives pour le démontrer à partir des axiomes et des autres postulats de la géométrie euclidienne. Cependant, un mathématicien italien, G.Saccheri, fut le premier à entreprendre cette démonstration en raisonnant par l’absurde, en 1733. En supposant la négation du postulat des parallèles, il espérait aboutir à une contradiction. En réalité, il avait mis en évidence qu’une autre géométrie était possible, et cette idée lui parut inacceptable.

 

En 1831 et en 1834, indépendamment l’un de l’autre, Bolyai et Lobatchevski inventèrent une nouvelle géométrie dans laquelle il existe une infinité de droites parallèles à une droite donnée passant par un point hors de cette droite, ces parallèles se situant entre deux limites. Dans cette géométrie étrange, la somme des angles est inférieure à 180° ou encore deux triangles semblables sont toujours égaux.

En 1854, Riemann étudia l’hypothèse contraire : en un point donné hors d’une droite, il ne passe aucune parallèle à cette droite,. autrement dit, dans un plan, toutes les droites sontconcourantes.

Dans cette géométrie, la somme des angles d’un triangle est supérieure à 180° et les droites sont toutes de longueur finie…

La somme des angles est inférieure à 180°

Représentation de l’espace selon Lobatchevski..

A chaque géométrie on peut faire correspondre une idée de courbure de l’espace : positive chez Riemann, négative chez Lobatchevski, et nulle dans la géométrie euclidienne. Einstein a utilisé cette idée pour construire la théorie de la relativité : un rayon lumineux suit le plus court chemin, mais, si l’espace est courbe, celui-ci n’est plus nécessairement une droite.