Lycée Maurice Genevoix

S O M M A I R E

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1) La nuit du 11 mai 1664 par Damien de Feraudy.

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4) La nuit du 11 mai 1664 par Nicolas Richaudeau (2de 6).

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Rubrique Lettres

« Rêves de rêves »,

par des élèves de Seconde

(  printemps 2006 )

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1) La nuit du 11 mai 1664 par Damien de Feraudy (2de 6).

2) La nuit du 11 mai 1664 par Banu Tilki (2de 6).

3) La nuit du 11 mai 1664 par Julien Boisseau (2de 6).

4) La nuit du 11 mai 1664 par Nicolas Richaudeau (2de 6).

5) La nuit du 11 mai 1664 par Jérémy Wechsler (2de 6).

6) Rêve de Christophe Colomb par Maxime Delalande (2nde 5).

 

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1) La nuit du 11 mai 1664 par Damien de Feraudy.                                                      

La nuit du 11 mai 1664, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, comédien, dramaturge, directeur de la troupe de Son Altesse le duc d’Orléans, Philippe de France, Frère du Roi, fit un rêve.

Il rêva qu’il ne se souvenait plus de sa nouvelle comédie, qu’il devait jouer le lendemain. Il voyageait dans un carrosse ailé, qui le transportait de plus en plus haut dans le ciel. Il traversa les nuages et vit un immense palais aérien. Le carrosse s’arrêta : une allée menait au palais.

Des personnages costumés en signes du zodiaque l’accueillaient en lui souhaitant la bienvenue chez le dieu Apollon. Ils lui offrirent des fruits et un collier en forme de soleil.

Le dieu l’invita à visiter son magnifique verger, où croissaient des pommiers, des poiriers, des pruniers. Un puits en occupait le centre. Molière s’en approcha, se pencha, regarda. A cet instant, il se sentit bercé par les rayons du soleil, où flottait un parfum de lavande.

Sur la paroi intérieure du puits noir, une  intense  écriture  blanche  l’éblouit. C’était une inscription :                  

Tartuffe,  de  Molière

 Étonné, il vit le fond du puits s’empourprer. Des rideaux de soie écarlate semblèrent s’ouvrir. Puis la pièce commença.

 Les yeux grands ouverts, il savait qu’il ne pourrait pas s’arrêter de la regarder. Elle lui ouvrait l’esprit. Il voulut que le spectacle durât pour l’éternité.                    

 Damien de Feraudy. (2de 6)

 

2) La nuit du 11 mai 1664 par Banu Tilki (2de 6).                                                         

La nuit du 11 mai 1664, Louis de Bourbon, dit Louis XIV, Roi de France, Fils d’Anne d’Autriche et de feu Louis XIII, fit un rêve. 

Il rêva qu’il était dramaturge, et créateur de somptueux spectacles, et que ses pièces étaient représentées à Versailles.

A peine commençait l’affleurement du printemps. C’était vers ce moment de l’année que les jardins royaux révélaient leurs merveilles.

Tous les jardiniers de Versailles étaient à l’œuvre sur son ordre, car le soir -même, il devait donner la dernière  représentation de sa nouvelle comédie : Tartuffe. Beaucoup de personnages de haut rang seraient présents. Il ne voulait nullement les décevoir. Il voulait au contraire leur montrer sa grandeur et sa toute-puissance. 

Il fallait que Versailles resplendisse.

Banu Tilki (2de 6)

 

3) La nuit du 11 mai 1664 par Julien Boisseau (2de 6).                                               

La nuit du 11 mai 1664, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, comédien, dramaturge, directeur de la troupe de Son Altesse  le Duc d’Orléans, Philippe de France, frère du Roi, fit un rêve. 

Il rêva que c’était le jour de la première représentation de Tartuffe, qu’il allait donner devant le roi. Le grand rideau de Versailles se leva, et fit place au spectacle. 

Dès la première scène, Hubert, qui jouait madame Pernelle, tomba en glissant sur le sol et perdit sa perruque. Cet événement fut le début d’une longue série de catastrophes. Des costumes se déchirèrent et Elmire, jouée par une remplaçante, prenant place sur un fauteuil pendant que Tartuffe tentait de la séduire, sentit son siège se dérober. 

Après le spectacle, l’Archevêque de Paris, Monseigneur de Péréfixe, vint annoncer à Molière qu’il porterait plainte auprès du roi pour une représentation aussi grotesque et indigne de sa majesté.  

Le lendemain, un exempt, accompagné de l’Archevêque, survint pour arrêter Molière.

« -   Je suis ici envoyé par le Roi, clamait-il en regardant Molière, pour procéder à une  arrestation. »

Puis se retournant vers l’Archevêque :

« -    Veuillez s’il vous plaît me suivre, Monsieur le Cardinal.

   -    Vous vous trompez ! , s’écria l’Archevêque.

Non, c’est bien vous que je dois arrêter, Monsieur le Cardinal, Hardouin Beaumont de Péréfixe. Sa majesté le Roi a su connaître le sabotage que vous avez prémédité. Vous avez fait scier le pied d’un fauteuil et savonner une partie du plancher, pour que l’on glisse, comme il est arrivé à l’acteur Hubert. En conséquence, monseigneur, Veuillez me suivre.   »

                                                  Julien  Boisseau  (2de 6)

4) La nuit du 11 mai 1664 par Nicolas Richaudeau (2de 6).                                        

La nuit du 11 mai 1664, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, comédien, dramaturge, directeur de la troupe de Son Altesse le duc d’Orléans, Philippe de France, frère du roi, fit un rêve. 

Il rêva que sa nouvelle pièce soulevait une énorme polémique. On avait répété une dernière fois, mais toute la troupe ressentait une inquiétude. Tout à coup,  Armande, qui jouait Elmire, s’effondra. Le spectacle devait être produit à l’heure prévue, mais Armande, pâle et affaiblie, ne se sentit pas capable de jouer.

Molière revoyait les festivités de la semaine précédente, les chars colorés accompagnés des trompettes des hérauts, il se souvenait des guirlandes, des ornements floraux, des feux d’artifice. Il se rappelait le succès de la Princesse d’Elide, de tous les ballets…

Avant le lever de rideau, il se présenta devant l’assistance, et tint les paroles que voici : « L’une de nos comédiennes est malheureusement souffrante. Je tiens à vous adresser toutes mes excuses. Mais j’ai trouvé pour la remplacer une merveilleuse actrice, digne du théâtre de l’antique Syracuse. » 

La représentation commença, avec la maîtresse du jeune roi dans le rôle d’Elmire. Bientôt, tous les dévots présents dans la salle, indignés par le spectacle, se firent entendre. Un brouhaha s’installa. Plusieurs personnes montèrent sur scène et provoquèrent une bagarre générale.

Alors le roi se leva : dans le silence, il prononça l’éloge de Molière et de sa pièce. Et le spectacle reprit. On parla de la pièce dans les salons, chez les précieuses, à la Cour, et dans toutes les provinces. 

Resté seul après les trois actes, Molière se dit que des centaines d’années après Jésus-Christ, on se souviendrait encore de Tartuffe, et il demeura ainsi, à rêver.

                                                                                                                                                                     Nicolas Richaudeau (2de 6 )

 

5) La nuit du 11 mai 1664 par Jérémy Wechsler.                                                          

   La nuit du 11 mai 1664,  Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, comédien, dramaturge, directeur de la troupe de Son Altesse le Duc d’Orléans, Philippe de France, Frère du Roi, fit un rêve.

        Il rêva des Plaisirs de l’île enchantée : il se trouvait dans le cortège, parmi des personnages aux pieds de bouc, et faisait rire les spectateurs, tandis qu’à côté de lui, se dressait La Grange,  fièrement vêtu en Apollon.

         Quand le spectacle s’acheva, il se retrouva soudain en un éclair dans les loges d’un théâtre. Une foule infinie peuplait la salle plongée dans l’obscurité.

          Le rideau rouge se leva : Hubert fit son entrée, déguisé en une grosse femme coléreuse, suivie d’Armande, et des autres… Molière attendait, strictement vêtu de noir et de blanc, dans son rôle d’Orgon, le maître de maison qui recueille le faux dévot. Il entendait le public s’agiter. Quand il fit son entrée à la scène 4 comme prévu, le calme revint immédiatement.

            Mais à la fin de la pièce, des cris retentirent de toutes parts. Les dévots hurlaient leur mécontentement. La salle était noyée dans le vacarme. Des objets commençaient à voltiger dans tous les sens.

              Soudain Molière s’éveilla, en espérant qu’il ne s’agissait que d’un rêve.

Jérémy Wechsler (2de 6)

6) Rêve de Christophe Colomb par Maxime Delalande (2nde 5).                                     

 

Rêve de Christophe Colomb,

navigateur et vice-roi d’Amérique

             Une nuit d’octobre 1491, alors qu’il se trouvait chez lui à Gênes, Christophe Colomb, navigateur et vice-roi d’Amérique, fit un rêve.

            Il rêva qu’il se trouvait sur une île immense en compagnie d’individus étrangement vêtus et vivant sous des tentes. Ces personnes lui étaient complètement inconnues, mais elles parlaient la même langue que lui. Ce n’était pas sa langue maternelle qu’il avait oubliée. Les habitants de l’île semblaient le connaître et ne faisaient pas attention à lui.

            Il engagea la conversation, leur demandant ce qu’il faisait ici avec eux. Personne ne lui répondait. Il parlait dans le vide et on ne s’intéressait pas à lui. Autour, tout le monde s’agitait : les enfants couraient, les hommes s’armaient d’arcs et de flèches. Puis rapidement, il n’y eut plus personne. Les femmes avaient caché leurs enfants sous les tentes. Les feux étaient éteints. Mais pourquoi ? Il ressentait la peur que les autres éprouvaient.

            Tous les hommes s’étant avancés dans la forêt, Christophe Colomb fit de même. Il s’engouffra entre deux arbres : la forêt était humide et sombre, la végétation était dense. Il fit quelques pas lentement pour ne pas être entendu. Il écarta une branche et vit devant lui un paysage extraordinaire : deux immenses montagnes touchant les nuages étaient couvertes d’herbe et plus loin l’océan s’étendait à perte de vue. Cependant, quelque chose attira son regard : trois gros points noirs sur l’eau. Le génois pensa à des bateaux.

            Trois hommes qui voulaient passer le bousculèrent. Ils étaient furieux et armés. « C’est quoi ton nom ? » Il n’était pas apeuré et répondit : « Christophe ». « Alors suis-nous Christophe. Nous, nous nous appelons Nina, Pinta et Santa Maria. » Il leur emboîta le pas. « Mais où sommes-nous ? » demanda Christophe Colomb. On lui répondit par un nom qui ne lui disait rien.

            Les hommes lui ordonnèrent de se dépêcher. Ils arrivèrent sur une plage interminable où étaient postés des gardes couverts de peinture et armés de leurs arcs. Les trois hommes les rejoignirent. Christophe Colomb s’assit à l’écart sur un rocher et contempla les bateaux.

            Un oiseau se posa à côté de lui et ils restèrent là tous les deux, à observer l’océan. Christophe Colomb aurait pu y passer des heures. L’oiseau, intrigué par le silence, en demanda la raison au génois. Celui-ci lui répondit qu’il avait peur, peur de ces bateaux. Il se demandait ce qu’ils voulaient.

            De retour sur la plage, il retrouva les trois hommes qui eux aussi regardaient les navires jeter l’ancre à quelques dizaines de mètres du rivage. Plusieurs barques flottaient et certaines avançaient déjà vers le groupe. Pinta ordonna aux gardes de tirer. Les flèches fusèrent, mais Colomb cria d’arrêter et bizarrement on s’exécuta. « Voyons ce qu’ils veulent. »

            Un homme s’avança vers lui. Christophe Colomb connaissait ce visage. Mais comment ? Il n’en avait aucun souvenir. L’homme coiffé d’un grand chapeau se croyait en Inde. Colomb pensait que ces étrangers étaient des escrocs et qu’ils venaient pour piller l’île. Il demanda aux autres de détruire les bateaux, mais personne ne lui obéit. D’autres hommes avaient rejoint le premier et Colomb les connaissait aussi. Il tenta de parler avec l’étranger qui s’énervait et répétait : « India ». Puis tout devint confus dans l’esprit de Christophe Colomb et sans explication, il vola une barque et rejoignit le plus beau des trois bateaux, y grimpa, fit lever l’ancre et partit. Le vent gonflait les voiles. Ceux qui étaient restés sur l’île le regardèrent s’éloigner surpris. Quant à Colomb, il navigua et navigua encore…

Maxime Delalande 2nde 5

 

Vivement la suite     

 

 

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